




























Difficile de présenter une star comme le 1858 – J‘ai bien essayé ici en insistant sur la famille Remigton et sa naissance. Mais il y a tant à dire sur cette arme…
On dira juste qu’il y a des armes qui gagnent une guerre. Et il y a des armes qui gagnent la guerre d’après — celle des salons, des westerns et des passionnés qui, cent soixante ans plus tard, cherchent à ressentir le vent de l’Histoire crosse en main.
Le Remington 1858, c’est un peu les deux à la fois.
Tout commence en pleine tourmente. La guerre de Sécession éclate en 1861, et Colt, avec ses 1851 Navy et 1860 Army trône sans partage sur le marché militaire américain.
Mais Colt a un talon d’Achille : sa carcasse, ouverte par le haut, qui fléchit sous la pression répétée de la poudre noire. Canon et barillet ne sont reliés que par un axe fin. Ça tient. Mais ça tient juste.
E. Remington & Sons flaire l’opportunité. Sa réponse s’appelle carcasse fermée — un bloc massif qui referme l’arme sur elle-même, reliant solidement le canon à l’arrière du mécanisme au-dessus du barillet. Fini la flexion. L’arme devient un bloc.
Et cerise sur le gâteau tactique : le barillet se démonte en quelques secondes. Un cavalier de l’Union à court de munitions n’a qu’à faire sauter une goupille, glisser en carcasse un barillet de rechange pré-chargé dans sa sacoche de selle, et repartir au combat. Colt, avec son barillet fixe, est conceptuellement battu en dépit de ses excellentes relations avec les acheteurs de l’Armée…
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre 1863 et 1875, on estime la production totale à environ 132 000 exemplaires, dont plus de 106 000 rachetés directement par l’armée de l’Union. Un revolver sur cinq porté par un soldat nordiste sortira des ateliers d’Ilion, dans l’État de New York.
La guerre finie, l’histoire du 1858 ne s’arrête pas là. Vingt mille exemplaires traversent l’Atlantique en 1870, rachetés par la Défense Nationale pour tenter de renverser le sort d’une guerre franco-prussienne qui ne peut plus être renversé. Signe des temps de malheurs, nos armuriers les débronzeront allègrement, la mode d’alors étant au poli blanc plutôt qu’au bronzage bleuté américain…
Quant aux survivants restés sur le sol natal, ils poursuivront une carrière de légende dans la conquête de l’Ouest, aux mains de cow-boys, de shérifs et, plus célèbre encore, dans le holster de Frank James, frère et complice de Jesse, et même dans celui de Buffalo Bill lui-même.
Une telle légende ayant, en original, une valeur certaine déjà en ce milieu de XX° siècle et les rares survivants devant être épargnés de tirs trop violents en poudre noire, l’Amérique réclamait des copies et un certain Val Forgett Jr le sentait.
Navy Arms est fondée vers 1957 par Val Forgett Sr., un collectionneur devenu industriel malgré lui, et dont on peut dire qu’il a littéralement inventé le marché moderne de la réplique d’arme américaine ancienne. Si vous avez des Uberti, des Pietta, des Pedersoli, c’est en grande partie à cet homme que vous les devez.
Pour lancer sa toute première reproduction, le Colt 1851 Navy, Forgett se tourne vers l’Italie. Il tombe d’abord sur Luciano Amadi, le seul employé de chez Beretta qui parle anglais et qui lui-même ira trouver un certain Vittorio Gregorelli. Gregorelli est un sous-traitant qui ne fournit des pièces à Beretta mais il se sait capable de créer une première reproduction viable d’arme US XIX°.
L’aventure commence donc un certain bricolage mais, à cette époque de liberté, elle aura un grand avenir qui donnera du travail à nombre d’ouvriers italiens durant de longues années. Et leur en donne encore.
Forgett fera même un chèque permettant d’acheter un peu d’outillage nécessaire.
C’est ce même Vittorio Gregorelli qui s’associera ensuite avec le jeune Aldo Uberti qui, à l’époque, n’a pas lui-même pas encore sa licence de fabricant d’armes… Les toutes premières répliques sortent ainsi marquées « GU », pour Gregorelli & Uberti, entre 1959 et 1962 — de véritables pièces fondatrices, aujourd’hui collectors à part entière.
Les pièces Uberti de cette époque sont de très belles qualité car le marché US pardonne peu la médiocrité surtout en matière d’armes à feu. Un mauvais articles dans « The Armercian Rifleman » ou dans « Guns&Ammos » et tout devient très difficile. Vaut mieux éviter…
L’association commence donc avec le Colt 1851 Navy à la fin des années 1950 puis elle s’étend rapidement au Remington 1858, à la Winchester 1866, à la Henry 1860 et à bien d’autres modèles.
Sur le 1858 en particulier, l’histoire prend une saveur toute personnelle : c’est une arme qui, plus que toute autre peut-être, a permis de démocratiser le tir à poudre noire moderne, tant sa mécanique robuste et pardonne les erreurs de débutant — C’est cette même robustesse, avec des soldats bien souvent illettrés, qui, d’ailleurs, avait convaincu l’armée de l’Union un siècle plus tôt. Et j’en ai fait la cuisante expérience à titre perso… La poudre noire, exercice for amusant fort éducatif, demande méthode rigueur et calme. Sans négociation possible.
Notre arme de ce jour témoigne de ce souci de qualité. Les aciers sont excellent et les ajustements bien plus sérieux que les repros actuelles type Pietta. Même chez Uberti mon conseil est de toujours favoriser les armes d’avant 1984 quand on les trouve en bon état et si possible en très bon état.
Ce Remington New Model Army 1858 en calibre .44 poudre noire, puisque c’est de cela qu’il s »agit est de 1970. Pour mémoire c’est bien l’authentique calibre historique de la guerre de Sécession. Maitre Flingus ne peut que vous encourager à faire du tir poudre noir tant c’est intéressant et même instructif sur ce qu’étaient mes armes et les batailles des sieècles de fer. A condition d’être prudent…
Sur notre exemplaire, le bois est du beau noyer européen, sans reproche car quasiment sans marque de manipulation.
Le bronzage est à 99%, sans la moindre trace d’oxydation et quasiment sans aucune griffure. Ce que vous pourriez apercevoir sur mes photos en ne pourrait être que l’effet de la saleté de mes doigts, de l’atelier et sutout l’effet démoniaque de mes TROP GROS plans . Arme en état quasi neuf à tous points de vue. Impossible de penser qu’elle a déjà 56 balais…
Le chien et la détente sont jaspés, dans ces tons gris-argent si caractéristiques des belles fabrications d’époque.
La mécanique est parfaite en indexation- à l’abattu, aucun jeu – un coffre-fort propre à ces excellentes fabrications encore une fois.
Ressorts très fermes car l’arme a visiblement très peu servie. Excellente détente aussi.
Le canon est parfait, miroir sur toute sa longueur avec de splendide rayures. Comme les chambres et cheminées qui sont l’image du reste de l’arme. Sales mais en parfait état !
État général TBE++/TBE+++.
Ces copies Uberti des années 1960-70 à destination du marché US sont vraiment très bonnes et un cran au dessus des Pietta et autres d’aujourd’hui.
In fine, une excellente reproduction du mythique Remington 1858/1862. Très belle pièce, fidèle à la robustesse qui a fait la réputation du modèle original sur les champs de bataille et qui se poursuivra avec cet exemplaire sur les stands de tir modernes en Cowboy Action Shooting ou pour le simple plaisir de la poudre.
Arme de catégorie D § f) au CSI : CNI ou passeport en cours de validité obligatoire.
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| ID | 10338419 |
| URL | https://www.gunfinder.de/items/10338419 |
| Kategorie | Waffen / Revolver |
| Erwerbsberechtigung | Erforderlich |
| Zustand | Neu |
| Standort | 75002 Paris, Frankreich |
| Verfügbarkeit | lieferbar |
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